Madame Papier

Ou les ravages de ma poubelle jaune !

03 octobre 2011

Les soirées de Leonor

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La nuit des publivores, par exemple. Leonor y a assisté, quoi,
trois fois?  Elle ne sait pas pourquoi, d'ailleurs. La première, à la limite, pour voir ce
que c’était mais la deuxième, la troisième ?En y repensant, elle se demande vraiment à quoi ça rime de
passer sa nuit, entourée d’inconnus, devant un écran projetant des pubs toutes
aussi inconnues. Comme si elle en avait quelque chose à foutre. L’ambiance
était forcée, les activités, aléatoires.

Mais, d’un autre côté, c’est vrai qu’à 18-19-20 ans, ce qu’on
veut, c’est être « in » , dans le coup et que c'est ce qui l'était, à son époque

A son époque, comment elle y va la mamie. Quoi qu’à bien y réfléchir, c’est vrai qu’on peut être très con
quand on est jeune !

En ce qui la concerne, Léonor croyait que la
jeunesse se résumait à passer ses week-ends dehors. Peut importe comment et
encore moins avec qui. Il fallait sortir, sortir, sortir, et ce, même si dans
la plupart des soirées, on se faisait chier comme des rats morts. Heureusement
que la mode, c’était aussi de montrer qu’on se faisait chier, genre, je suis
trop bien pour ce genre de plan, en tirant des têtes pas possibles.

Ouais, la nuit des publivores 2 et 3, c’était, dans cet état
d’esprit, qu’elle les avait faites.

Leonor avait 22-23 ans lorsqu’elle a cessé de vivre ces
soirées de cette façon. Je sais pas, à cet âge-là,
quelque chose en elle a changé. Peut-être parce que pour la première fois, elle
avait rencontré des gens avec qui elle s’amusait vraiment, que de cette mise en
scène, elle n’avait plus besoin ou qu’elle avait grandi (vieilli ?), ce
qui veut dire que, forcément, peut-être, elle se connaissait un peu mieux ou
que, simplement, elle avait commencé à s’écouter, ou, ou, ou…On pourrait
continuer des heures comme ça.

Ah, la nuit des publivores, tout un symbole...

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20 juin 2011

Au secours, des ados !

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Déjà quand elle était ado, Lena détestait les ados, surtout les adolescentes. Pour elle, adolescente équivalait à superficialité. Dans la cours du lycée, c'était plein de filles hystériques qui vivaient dans le paraître, écoutaient de la musique de m..., ne parlaient que de leur week-end passé en compagnie de leur carte bleue et flashaient sur les mecs de rétho avec qui, malheureusement, pour elles, elles n'échangeraient jamais rien.

Lena n'était pas comme elles. Elle, elle ne voyait pas l'intérêt de gaspiller sa salive à baver sur des types hors d'atteinte. De toute façon, à 14 ans, les mecs, elle en avait, pour ainsi dire, rien à foutre. Non, Lena était une mutante à qui la force des choses devait contraindre à grandir beaucoup plus vite. Trop vite, peut-être, si bien que "insouciance" n'était pas un mot qui faisait partie de son vocabulaire.

Ce qui est étrange, en revanche, c'est que depuis le temps, rien n'a changé. Quinze ans plus tard, les adolescents et plus particulièrement, les adolescentes la mettent toujours aussi mal à l'aise. D'ailleurs, lorsqu'elle est dans le tram et qu'elle entend certaines de ces créatures discuter, elle n'a qu'une envie, c'est de cogner.

Selon elle, le temps passe sans que ces "bêtes" évoluent: "ça parle toujours des mêmes choses, ça croit toujours avoir inventé l'eau chaude et ça se fout de ceux qui ont le "malheur" de ne pas leur ressembler !" insiste-t-elle.

Non, les adolescents, vraiment, c'est pas le truc de Lena et elle prie déjà pour que ses enfants à venir sortent de cette étape indemnes...

17 juin 2011

Pas de pitié pour Emilia

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Emilia tombe malade. Son état se détériore mais à l'exception de sa maîtresse, à ce stade, personne ne s'en rend compte.

Depuis qu'elle a remarqué qu'elle n'allait pas bien, madame Françoise voue à la petite fille une admiration malsaine fondée sur la pitié que lui inspirent son teint jaunâtre et ses lèvres bleutées

Emilia remarque quelque chose d'étrange dans le comportement de sa prof. Elle se demande pourquoi, elle, qui, d'habitude peut-être si cassante, lui montre à présent des signes qui pourraient être pris pour de l'affection...Mais Emilia ne peut pas savoir qu'en elle, madame Françoise ne voit autre que son fils. Son fils qui a bien failli mourir empoisonné il n'y a pas encore tout à fait deux ans.

Malgré tout, si ses intentions sont bonnes, madame Françoise s'y prend mal avec l'enfant et ne la traite plus comme ses autres camarades. Elle la couvre d'éloges lorsqu'elle doit la réprimander et sort même de son rôle en lui offrant le livre de noël qu'Emilia s'est promis de payer avec ses économies. D'ailleurs, contrariée, l'enfant refuse ce cadeau. Elle est mal à l'aise et ne veut faire l'objet d'aucun favoritisme. Emilia veut s'enfuir mais elle ne peut pas car hélas son corps a choisi de la laisser tomber. Elle devient trop faible et n'abientôt plus la force d'exprimer sa révolte contre un comportement qu'elle ne supporte pas.

 

16 mai 2011

Max, la petite voie intérieure d'Elena...

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Max: C'est dangereux, tu n'iras pas !

Elena: Si, je dois y aller

Max: Arrêtes de rêver, ma pauvre, c'est impossible...Tes collègues, ton chef...Tu n'arriveras pas à faire abstractions des sensations...

Elena: Je les ignorerais, les sensations ...

Max: Mais si tu les ignores, ça te retombera dessus

Elena: Non, ça c'est toi qui veut m'en convaincre mais ça ne se passera pas comme ça

Max: N'y vas pas, n'y vas pas...

Elena: J'irai...

Max: Abandonnes ou tu souffriras. Tu seras malade...

Elena: Mais non, je ne le serai pas...

          Au début, ça sera un peu pénible mais avec le temps, je m'accomoderai.

Max: N'en sois pas si sûr, ça ne te réussira pas !

Elena: Avec tes encouragements, ça ne risque pas ! Mais je me batterai et s'il le faut, même contre toi !

Max: Contre moi ? Pourquoi ? Tu ne le peux pas ...

Elena: Parce que tu es déréglée mais j'ai plus peur de toi. Je t'ai vu venir, je te vois et je te verrai !

          Si tu es là pour m'aider, montres le pour une fois !

Max: Bon d'accord, je me tais mais je reste près de toi...

Elena: Je le sais, je le sais que sur moi, tu veilleras. Mais restes loin, ne m'harcèles pas et j'accepterai ton vrai toi.

 

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14 mai 2011

La rumeur court ...

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Acte premier

Edith Aimée chez Margaret Adélie

 

E.A: Ma chère, sais-tu ce que je viens d'apprendre ?

M.A: Non, Edith. Mais dis-moi ?

E.A: Emile Edouard, tu t'en souviens ?

M.A: Oui, le cousin de Félix Albert, n'est-ce point ?

E.A: Oui. Et bien il paraîtrait qu'Emile Edouard aurait probablement entendu Félix Albert dire que Lucie aurait dit que Britanny Edméé ne fréquente Jean-Eudes que pour ses biens immobiliers et mobiliers. Peux-tu croire une chose pareille ?

M.A: Non ... ?

E.A: Et bien, si je te dis !

M.A: Comment est-ce possible ? Cette petite ne cherche décidément qu'à faire du mal...

E.A: Oui, et son bouc émetteur est toujours ma pauvre fille, Britanny Edmée.

M.A: Oh...Edith, ma chérie, notre petite Britty, est-elle au courant ?

E.A: Non, je n'ai pas encore eu le temps de lui annoncer la terrible nouvelle...Je voulais la préserver, comprends-tu?

M.A: Mais enfin, Edith, qu'attends-tu pour la prévenir ? Cette offense à son encontre ne peut lui être omise. Vas-y, je suis avec vous. Cours ...

E.A: Oui, Margie, avant qu'il ne soit trop tard ...

 Acte II

Edith Aimée chez Britanny Edmée

E.M: Ma chérie, je dois te prévenir au sujet de la menace qui se profile à l'horizon.

B.E: Maman, que se passe-t-il ? Qui nous veut du mal ?

E.A: Oh ma Britty, c'est Lucie, ta nièce par troisième alliance.

B.E: Qu'a-t-elle fait ? Que veut-elle me faire ?

E.A: Ma chérie, c'est terrible, elle colporte une rumeur...Une rumeur horrible.

B.E: Mais enfin, maman, parle...Expliques-moi...Il faut que nous préparions la riposte...

E.A: Pucinette, Lucie dit à ton sujet une chose terrible...que tu ne fréquentes Jean-Eudes que pour ses biens mobiliers et immobiliers.

B.E: Comment est-ce possible? Je vais défaillir...Mais pourquoi s'acharne-t-elle à ce point sur ma personne? Que lui ai-je donc fait ?

E.A: Oh, mais ma douce, c'est parce qu'elle t'envie bien sûr...

B.E: Mais de quoi ?

E.A: De ta beauté surnaturelle ...

B.E: De ma beauté surnaturelle...?

E.A: De cette beauté, cette grâce sans comparaison qui a fait de toi la fille la plus convoitée de tout le comté.

B.E: Tu as raison, maman...Mais honnêtement, je ne vois pas ce que nous pouvons faire pour éviter qu'elle continue semer la misère...

E.A: Quelle misère ?

B.E: Mais enfin, maman, la rumeur que tu viens de me rapporter.

E.A: Ah oui...Il faut s'occuper du cas de Lucie...Pourquoi ne pas révéler quelque chose à son sujet ? Quelque chose de pas joli joli, une chose dont elle aurait honte ...

B.E: Quelle bonne idée...Il nous reste plus qu'à trouver ...

E.A: Pourquoi ne pas appeler tante Margie et Hortense Edna ? Ensemble, nous pourrions vraiment trouver de quoi la faire taire et ruiner sa réputation...

B.E: Excellent, maman. Passons leur un coup de fil...

 

Acte III

Edith Aimée au téléphone avec Margaret Adélie

E.A: Allo, Margie. C'est moi Edith Aimée

M.A: Bonsoooir Edith, as-tu parlé à Britty?

E.A: Ouiii, c'est d'ailleurs à ce sujet que je t'appelle. Britty et moi avons pensé que Hortense Edna et toi, vous pourriez nous aider à trouver de quoi faire taire Lucie.

M.A: Oui, mais comment?

E.A: En révélant quelque chose sur elle...

M.A: Aaaah, en voilà une grande idée ! Que dirais-tu de demain 11 heures...Au "Renom"...Pour le brunch ?

E.A: Une seconde, veux-tu ? Je regarde mon agenda...A 9h30, j'ai rendez-vous chez l'esthéticienne pour une épilation des zones protubérantes...A 10h45, je passe chez Mario Garibaldi prendre ma dernière commande de chocolat...

M.A: Ah oui, Garibaldi...Bien meilleur que cet amateur de Roi Midas !

E.A: 11h30-35 ? Pour Britty, c'est bon aussi. La nounou s'occupera des petits.

M.A: Parfait, je préviens Horta.

E.A: Maaagnifique! On ne change plus. Cette pimbêche de Lucie ne paie rien pour attendre...

Acte IV

Au renom

E.A: Ma chèeere Hortense, que je suis ravie de te revoir...Tu sembles si, comment dire, en forme, oui, c'est cela en forme.

H.E: Merci tante Edith...C'est dommage que nous soyions amenées à nous revoir dans de telles circonstances...

E.A: Comme tu le dis...Cette Lucie ne peut jamais s'empêcher de faire des siennes.

H.E: Maman m'a tout dit. C'est scandaleux. Elle a vraiment dépassé les cornes cette fois !

B.E: Ne m'en parles pas, chère cousine. Cette fille veut me détruire alors que moi, si gentille, innocente, ne lui ai jamais rien fait...Je ne lui ai toujours voulu que du bien...Enfin, un peu moins qu'à moi, cela va sans dire...

M.A: Il faut vraiment que nous lui donnions une bonne leçon, n'est-ce pas Edith? Horta, comme à l'accoutumée, a eu une idée extraordinaire.

H.E: En effet, j'ai pensé que nous pourrions faire courir le bruit de sa relation équivoque avec cette loupiole de Steevy...

B.E: A quoi cela servirait ? Ce n'est plus d'actualité...

M.A: Ecoutez, écoutez ma fille, ce n'est pas fini...

H.E: Hum, hum...Aldo ne doit pas être au courant...Ce n'est pas le genre de choses dont on aime se targuer...J'ai donc pensé que nous pourrions conduire la rumeur jusqu'à lui...

B.E et E.A en choeur : Ouiiii, mais comment ?

H.E: Mais enfin, taisez-vous, je n'ai pas encore fini ...En passant par cette comère d'Enrique Salvador. On s'arrangera pour en parler devant lui et lui, fidèle à sa réputation, en parlera à son tour lors du dîner auquel il a été invité chez les parents de Lucie...

B.E et E.A en choeur: Oui, mais comment savoir si Lucie et Aldo seront présents?

H.E: Ils seront là. C'est un dîner organisé pour fêter la récente promotion de Mathilda et je doute que Lucie veuille manquer une soirée organisée en l'honneur de sa soeur adorée.

B.E et E.A à nouveau en choeur: Et comment être sûres qu'Enrique Salvador s'exprimera à ce sujet ?

H.E: On dirait que vous ne le connaissez pas...Lui qui se prend pour une  vedette d' émission "people", vous pensez qu'il gardera longtemps ce "scoop"?

B.E: Tu as raison, Hortense. Comment n'y avoir pas pensé plus tôt? Mettons sans plus attendre ce plan à exécution...

E.A et M.A cette fois: Oui, il est temps de commencer les hostilités !!!!

Acte V

Les jours passés et le scoop diffusé, Hortense Edna, Edith Aimée, et compagnie ne tenaient plus en place. Quelque chose clochait. Aucun drame, aucun scandale n'avait éclaté. La vie suivait son cours et Lucie et Aldo semblaient toujours filer le parfait amour.

Britanny Edmée, la première à craquer, passa un coup de film a sa môman.

B.E: mère, alors dis moi, des nouvelles ?

E.A: Aucune, ma fille et C'est vraiment étrange, d'autant plus qu' Enrique Salvador a dit avoir fait mention de la chose.

B.E: Comment se fait-il qu'il se soit exprimé à ce sujet ?

E.A: Ta tante Margie lui a demandé...

B.E: Non???

E.A: Et bien si!

B.E: Et comment-a-t-il réagi?

E.A: Il a répondu enchanté...

B.E: Non ? I-N-C-R-O-Y-A-B-L-E...

E.A: Oh, tu sais, je crois que cela lui a donné l'impression d'être une "star".

B.E: Et en revenant à ce qui nous occupe...A-t-il parlé de leur réaction à table ?

E.A: Il a dit qu'ils avaient fait comme si de rien n'était...

B.E: Peut-être qu'ils considèrent que ce n'est pas grave, ils sont tellement "spéciaux" dans cette famille...

E.A: Impossible ! Personne de "normal" ne peut rester de marbre en prenant connaissance de tels détails de l'un de ses enfants

B.E: Moui, tu dois avoir raison...Attendons encore quelques jours...

E.A: Oui, Britty, crois-moi, le meilleur reste à venir...Je te laisse, poussinnette, mon massagiste vient de sonner à la porte...

B.E: D'accord, maman...Passes une bonne soirée...

E.A: Toi aussi, chérie...On se tient au courant

Acte VI

Réunion de crise

M.A: Je n'y comprends rien.

H.E: Mon plan était, pourtant, parfait !

E.A: A mon avis, ils font semblant. Si ça se trouve, plus personne n'adresse la parole à Lucie et  c'est pour cette raison que nous n'avons pas de retour.

B.E: Tu crois ?

M.A: Je viens de penser à quelque chose. Lucie passe souvent voir sa mère, n'est-ce pas ? Elle vient toujours vers 15 heures et je me disais que peut-être, chaque jour, vers cette heure-là, je pourrais éventuellement me poster derrière la fenêtre afin de justement la surprendre quand elle arrivera. Ainsi, lorsque je la verrai, je sortirais, prétextant une course et je lui ferais cracher le morceau.

H.E: Excellent, maman! Je ne savais pas que tu étais capable d'avoir de telles idées...

E.A et B.E: Oui, c'est vraiment une bonne idée...

M.A: Très bien ! Si tout le monde est d'accord, je m'y mets ce lundi !

Acte VII

Margaret Adélie la tête dans les nuages et derrière la fenêtre

-Je me demande ce que fait cette petite effrontée...ça fait trois jours que j'attends et rien, je ne la vois pas...Peut-être que l'ingrate s'est disputée avec sa mère et qu'elle ne vient plus. Oui, ça doit être ça, sûrement que ça s'est passé après le départ d' Enrique Salvador. Si ça se trouve, sa mère la rejète à présent. Nous avons sûrement raison. A ce stade, personne ne doit plus lui parler...Ah mais...elle est là, la voilà...Vite, ma veste, mon sac...

Acte VIII

Margaret Adélie, devant la porte, à présent

Lucie et M.A se retrouvent nez-à-nez

M.A: Lucie!!! J'ai failli ne pas te voir. Comment vas-tu?

Lucie: Bien, bien...Et toi?

M.A: plus ou moins...Enfin, tu sais bien...La vie est dure...

Lucie: Oui,oui...

M.A: Mais dis moi, toi avec tes parents, ton amoureux, Mathilda?

Lucie: Oui?

M.A: Comment ça se passe ?

Lucie: comme d'habitude...Pourquoi?

M.A: Je ne sais pas...Des choses que j'ai entendu...

Lucie: Quelles choses?

M.A: Une rumeur...

Lucie: mais encore...?

M.A: selon laquelle tu aurais eu, dans le temps, une relation étrange avec la tante qui venait chez toi parfois...

Lucie: Mais de quelle tante, tu parles ?

M.A: Ohh comment s'appelait-il déjà...?Steevy...?

Lucie: Andy?

M.A: Oui, c'est ça...

Lucie: ahh ok, je commence à comprendre...Je me demandais comment Enrique Salvador était au courant que j'avais un ami qui s'appelait Andy, dans la mesure où il ne l'a jamais vu...

M.A: Un ami...vous étiez quand même plus que ça...

Lucie: Oui, les meilleures amis du monde si tu veux tout savoir...

M.A: Oui, oui mais si vous aviez été de simples amis, pour quelle raison  aurait-t-il disparu de ta vie ainsi...?

Lucie: Comment ça ainsi?

M.A: Et bien oui, du jour au lendemain...

Lucie, scandaleusement outrée: Parce qu'il est mort !!! Toi et tes "complices" passez votre vie à interpréter au lieu de demander alors que pour savoir, il faut demander...

M.A: Je ne savais pas, pardonnes-moi...

Lucie: Non, et quand tu ne sais pas, tu inventes, c'est ça...? Tu vis vraiment dans un feuilleton, ma vieille...Tu t'ennuies donc à ce point? Ah...et pour info, tu peux aller dire à tes "complices" qu'entre Aldo et moi, ça va très bien...

M.A: ...mais, mais de quoi parles-tu enfin ?

Lucie: Arrêtes s'il te plaît, tu le sais très bien...Merci, en tout cas...

M.A: mais enfin pourquoi ?

Lucie: Parce que j'ai enfin la preuve que je ne suis pas parano, que vous passez bien votre vie à casser du sucre dans le dos des autres...

M.A: Non mais attends...

Lucie: Aurevoir!

M.A: Bon et bien, si tu le prends comme ça...Aurevoir! Comme si nous étions les seules à casser du sucre, comme tu dis...

Lucie: allé, allé, va prendre tes pilules...Au cas où tu ne le saurais pas, certaines personnes ont une vie bien à elle et ne doivent pas recourir à des stratagèmes débils pour se sentir exister...

Lucie tourne la clef et rentre chez sa mère...

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21 avril 2011

Tristana et ses convictions

 

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Tristana avait huit ans lorsqu'elle entendit pour la première fois que les méchants payaient toujours pour leurs actes. C'était au catéchisme. Avant sa petite communion.

Elle apprécia cette vérité et décida d'y croire, au point de se mettre en tête qu'elle devait se montrer digne en étant gentille et à culpabiliser à mort quand malgré tous ses efforts, elle estimait ne pas l'avoir été. 15 ans plus tard, Tristana était toujours persuadée de cette division entre le bien et le mal. Sa conviction était telle qu'elle ne pouvait pas considérer les bavures des politiciens, les Dutroux et complices comme des preuves allant dans un quelconque autre sens.

Son obstination fonctionna encore pendant quelques temps et puis, un jour comme les autres, sans prévenir,  son état psychique se dégrada. La raison: l'une des personnes qui l'avait le plus fait souffrir continuait à s'en sortir à bon compte alors que d'autres, qui comme elle, s'étaient toujours efforcées de faire le bien, ne parvenaient pas à trouver la paix.

Tristana toucha le fond et passa des nuits entières à se demander quel sens pouvait avoir une vie où les gens ignobles s'en tiraient sans la moindre difficulté.

Trouver la réponse à cette question ne fût pas tâche aisée. Sa quête lui prit quelques années de sa vie et des rechutes ponctuelles à mesures des déceptions vécues sur son parcours.

Mais quelle était donc la clef de cette énigme ? Tristana choisit, en fait, une nouvelle conviction à laquelle se raccrocher, à savoir que la vie n'avait, en fait, pas plus de sens que le reste et que, finalement, ce n'était peut-être pas si grave. Aussi, elle comprit que la frontière entre le bien et le mal n'était pas toujours très claire et que tout le monde était capable du pire comme du meilleur.

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17 mars 2011

Sofia, loin de son centre (fatiguée de corriger)

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Je n’avais pas envie de rencontrer quelqu’un ce soir-là. Ni aucun autre d’ailleurs. Depuis Laurent et la mort d’Iris, je n’étais plus vraiment sur Terre. Je vivais par habitude plus que par envie. Je ne faisais plus d’efforts.

Ce fameux 25 décembre, c’est Ethan qui m’aperçut dans le fond du bar miteux  dans lequel je m'étais écroulée pour la énième fois de la semaine. C’est aussi lui qui s'approcha de moi et m’aborda. Conversation à laquelle je ne participai pour ainsi dire pas du tout, en me limitant à utiliser de monosyllabes : « Oui. Non. Pourquoi pas » mais ça n’eût pas l’air de le déranger. En tout cas, pas assez pour fuir. Je me rappelle d’Ethan, me demandant ce qui n’allait pas et de ma réponse. Rien si ce n'est un petit désolé. 

 

Ce soir-là, Ethan attendit patiemment que je me calme avant de me proposer d’aller nous promener. Tout me faisait peur et le fait d’accepter sa proposition fût une surprise aussi bien pour lui que pour moi.

 

Une fois dehors, dans le but d’alléger l’atmosphère, il fit de son mieux pour me faire rire, en me racontant, par exemple, son arrivée catastrophe à Bruxelles après avoir passé la nuit dans un car vraiment « old » avec un voisin aux cheveux verts qui chantait du Billie Hollyday en dormant et une mamie qui ronflait à l’arrière. Je me contins d’écouter et de sourire niaisement à certaines de ses fautes de français que je trouvais adorables. Je me demandais  ce que je faisais là, avec cet inconnu, lorsque d'un coup, il s’arrêta pour me poser une question à laquelle je ne pus répondre. N’ayant pas compris, j’essayai de me rattraper avec un « Qui es tu ? qu’à cet instant, il ne sût comment interpréter et il me demanda:

          -"What?"

-Oui, comment t’appelles-tu ? Tu viens d’où, ce genre de choses.

-Oh sorry, c’est vrai que je ne me suis pas présenté. Je m’appelle Ethan, 30 ans et j’ai  réunion demain pour mon travail.

-Ok. Et tu te présentes toujours comme ça ?

-Sorry, je ne comprends pas.

-Bah, oui, on dirait que tu as appris ton discours par cœur.

-Oh, really ? Tu dois me prendre pour un fou alors.

- Un peu. C’est pas tous les jours qu’un inconnu s’assied en face de moi et reste à attendre, patiemment, que j’arrête de pleurer.

-Tu avais l’air si triste. Je ne pouvais pas te laisser comme ça.

-Mais tu ne me connais pas.

- Non, c’est vrai, tu as raison. Tu veux que je « pars » ?

- Asseyons-nous plutôt sur le banc juste devant. J’en ai marre de marcher.

- Ok. Et on fait quoi ?

- Qu’est-ce que tu veux dire ?

- Je veux que tu me racontes pourquoi tu es si triste.

- Et ça te servirait à quoi de le savoir ?

- Peut-être que comme ça, je « vais savoir » quoi te dire pour te réconforter ou tu peux simplement commencer par je m’appelle…

- Sofia, 26 ans et je viens de me faire virer, annoncai-je ironiquement 

- Virer ? Qu’est-ce que ça signifie ?

- J’ai perdu mon travail.

-Oh. C’est ça qui te rend si triste ?

- Entre autres…

Je ne me voyais pas lui raconter que mon copain me trompait depuis deux ans avec ma meilleure amie, qu’elle venait de se tuer dans un accident et que j’avais appris leur liaison le même jour où j’avais su que j’étais enceinte.

-Ok, dit-il. Tu veux que je te raconte quelque chose ?

- Dis toujours …

- Je suis divorcée depuis quelques semaines.

- J’avais vu l’alliance. Je pensais que t’étais marié.

- Non, divorcé et je vais jeter ma bague dans la fontaine.

- Ah bon, ok, vas-y.

Il s’exécuta rageusement. Oui, c’est le mot qui convient. Son mouvement dégageait de la haine. D’ailleurs, je me rappelle que je n'ai pas voulu interpréter son geste. Je préférais ne pas savoir ce qui se cachait derrière cette violence soudaine.

Après cette incartade, nous marchâmes. Encore.

Pour moi, c’était sans but précis, au hasard. Lui, par contre, savait où il se rendait : à son hôtel. Devant la porte, il me proposa de monter mais j’ai refusé. Pas parce que j’interprétais sa proposition comme une invitation à coucher. Au point où j’en étais, je m’en foutais. Mais simplement parce que j’avais hâte de rentrer chez moi et de m’effondrer sur mon canapé. Non plus pour dormir, non, ça, je n’y arrivais plus depuis des semaines mais pour ne plus devoir assurer le minimum.

Ethan accepta mon refus sans me poser de questions, m’appela un taxi et me remit un bout de papier avec son email et son numéro de téléphone. Il me fit promettre de lui raconter pourquoi j’étais comme un « ghost ».

Je pris ses coordonnées par politesse car je ne comptais pas absolument pas lui écrire. Je ne croyais pas en ces histoires romantiques ou ces films hollywoodiens experts en happy-end. Je voyais juste Ethan comme quelqu’un qui avait, à un moment, été pris de pitié pour moi et j’étais sûre qu’il m’oublierait aussitôt monté dans sa chambre.

Je ne me rappelai moi-même de cette nuit que trois semaines plus tard et probablement poussée par mon instinct de survie, j’allumai mon portable pour lui écrire le fameux message que je lui avais promis. Mes paupières étaient si lourdes que je ne pouvais m’empêcher de fermer les yeux. Cependant, je tenais tellement à me défaire ou vomir virtuellement ce surplus de désespoir qui m’étouffait depuis, depuis je ne saurais dire combien de temps que je me mis à écrire :

« Ethan, bonsoir, est-ce que tu te souviens de moi ? Ouille, me suis-je dit, ça sent la femme désespérée. J’effaçai et repris :

« Bonsoir Ethan, c’est Sofia, la fille que tu as rencontrée à Bruxelles dans ce bar près de la Gare centrale. Tu m’as dit que je pouvais t’écrire si je le voulais. En fait, non, tu m’as fait promettre de le faire. Enfin, peut-être que tu ne le pensais pas, que tu as juste eu pitié. Mais bon, c’est pas grave. De toute façon, on ne se connaît pas et j’ai besoin de me confier à quelqu’un.

Je suis enceinte, Ethan, enceinte d’un enfant dont je ne veux pas m’occuper et il est trop tard pour avorter. Je suis déjà au début du second trimestre. Je ne veux pas l’abandonner mais tu as bien vu dans quel état je suis. Je ne veux pas offrir ce genre de mère à mon bébé. Je ne veux pas qu’il soit traumatisé par les conséquences de mes erreurs. En plus, j’ai été virée. Excuses-moi, renvoyée. Mon chef a appris la nouvelle et comme je n'étais encore couverte par un certificat, il en a profité pour se débarasser de moi.Je ne sais pas qui lui a dit, je m’en fous, à vrai dire. C’est dégueulasse de toute façon.

Enfin, c’est comme ça que je me suis retrouvée sans boulot, seule et avec un fœtus dans le ventre. Évidemment, le bébé n’est pas venu tout seul mais ça, c’est un sujet que je ne souhaite pas aborder. Je n’y arrive pas, tu comprends ?

Voilà, Ethan, comme tu vois, je n’ai rien de vraiment intéressant à raconter.

Je te souhaite le meilleur,

Sofia"

Les jours suivants, tenir le coup me parût moins difficile. Je ne me sentais pas bien, non mais les choses me coûtaient un tout petit peu moins et à ce stade, ça relevait plutôt du miracle. Etait-ce de l’espoir ? Peut-être. Quoiqu’il en soit, c’était déjà mieux que l’épave que j'étais devenue.

Une semaine après avoir écrit le message, j'allumai, à nouveau, l’ordinateur pour consulter mes emails. Pas de trace d’Ethan. Furieuse contre moi, je me mis, aussitôt en colère. Comment avais-je pu me faire des illusions pour quelque chose d’aussi absurde? Je restai un bon moment devant l’écran avant de m’apercevoir d’une chose : que je n’avais pas vérifié mes spams. Et là, bingo ! Un message d'Ethan MacAllister, daté du 8 février, soit le même jour où j’avais écrit le mien, s’était retrouvé par erreur au milieu des publicités mensongères, du type enhance your penis, get extra money , etc.

Qu’il m’eût écrit, me soulagea et en même temps, m’effraya car je ne savais pas ce à quoi, je devais m'attendre. Peut-être ne se souvenait-t-il pas de moi, peut-être qu’il avait changé d’avis et qu’il voulait que je le laisse tranquille. Ne pouvant plus attendre, je cliquai sur le bouton droit de la souris pour trouver :

« Ma belle Sofia,

Excuses-moi « par avance » car je fais beaucoup de fautes de français. Pour répondre à ton inquiétude, non, je n’ai pas eu pitié. Ce soir-là, moi aussi, j’étais mal et si j’étais à Bruxelles, ce n’était pas pour affaire. Je conduisais depuis deux jours, sans but précis, lorsque je me suis rendu compte que j’étais à Bruxelles. Je sais, ça sonne crazy  mais c’est la vérité. Je suis partie d’Aberdeen juste après la signature des papiers du divorce. Je ne supportais plus de rester dans cette ville. Il me fallait fuir, ce n’était plus possible. Je suis originaire d’Edimbourg. Est-ce que je te l’ai dit ?

Sofia, dans un mois, si tu es d’accord, je viendrai te voir. C’est juste pour savoir comment tu vas, t’aider, je ne sais pas moi, être un peu avec toi. Tu dois savoir que tu peux tout me raconter. Il me semble que c’est parfois plus facile de parler à un (almost ?) inconnu.

Maintenant, je dois te laisser mais je veux que tu (c’est quoi le mot déjà ?) te battes. Ne te laisses pas aller s’il te plaît.

Hope to hear from you soon,

Ethan"

Je n’en croyais pas mes yeux. Ça n’avait pas de sens. Pourquoi cette personne, que je connaissais à peine, s’adressait à moi comme si j’étais une vieille amie ? Je me méfiais mais le désir d’en savoir plus fût, cependant, plus fort que moi: il fallait que je lui réponde. Mais comment m’adresser à lui ? Avec le même ton qu’il avait employé ou en étant plus neutre ? Le contenu de son message m’avait laissé comme un vide dans la tête.

Après maintes hésitations, j’optai pour quelque chose de très...direct.

« Ethan, je suis contente que tu viennes à Bruxelles. Peut-être pour me voir, même si je ne sais pas ce que nous attendons l’un et l’autre de cette rencontre. Je trouve juste que ce que nous vivons est très … spécial, hors du commun, bizarre (tu peux biffer la mention inutile) et je ne sais pas pourquoi, je ne veux pas en rester là. S’il te plaît, promets-moi que tu n’es pas dangereux et que tu ne vas pas me faire de mal. Sinon, ça n’en vaut pas la peine. Je n’ai plus de force pour affronter une nouvelle histoire lourde et compliquée.

Ethan, pour plus de facilités, je t’inscris ici mon numéro de portable. C’est le 0478/ 22 65 87.

Ne te sens pas obligé de l’utiliser.

C’est tout. Je te laisse maintenant.

Sofia ».

Ayant trouvé un boulot de professeur de piano dans une petite bourgade d’Edimbourg, Ethan ne vint pas me voir ce printemps-là. On s’écrivait, se téléphonait et je grossissais. J’étais déjà enceinte de sept mois et demi lorsque je pris l’Eurostar pour me rendre à Londres où nous avions rendez-vous. Je craignais sa réaction en me voyant. Il savait que j’attendais un enfant mais il ne m’avait pas vu avec mon gros ventre et j’avais peur qu’il ne s’enfuit.

Je l’aperçus depuis mon siège en arrivant à Saint-Pancras. Moi qui d’habitude ne suis absolument pas physionomiste, je le reconnus immédiatement. Ces cheveux roux  et sa chemise, la même qu’il portait le jour de notre rencontre, m’aidèrent à le distinguer dans la foule.

Je descendis du train avec une lenteur que je ne saurais qualifier. J’avançais, comme, à reculons. Ethan avait le dos tourné. Chose qui me laissa perplexe sur le moment mais que j'oubliasse dès qu’il se retourna.

- Sofia ? » demanda-t-il ?

- Oui, c’est moi. Et toi, tu es Ethan ?

- Oui, comment vas-tu ? and the baby ? Le poids s’écroula sous mon ventre.

- Ma fille et moi, allons bien.

- Ah, c’est une fille ?

- Oui, répondis-je, radieuse.

- C’est ce que tu voulais, n’est-ce pas ?

- En effet, j’ai toujours imaginé avoir une super relation mère-fille. Comme avec ma mère. A propos, where are we going ?

- Tu es fatiguée ? Tu as faim ?

- Les deux.

- L’hôtel n’est pas loin. Si tu veux, tu pourras te reposer.

- Ok.

- Dis, j’ai une question. Où as-tu appris à parler aussi bien le français ?

- J’ai fait mon Erasmus à Lyon et après mes études, j’ai vécu deux ans à Grenoble.

Nous sommes arrivés.

Nous nous arrêtâmes devant une maison bourgeoise et après avoir poussé la porte, il demanda la clef à la réceptionniste. L’ascenseur que nous empruntâmes devait dater de la bataille de Waterloo.

En rentrant dans la chambre, ma tête commença à tourner. J’avais l’impression de partir. Heureusement qu’Ethan était là et qu’il arriva juste à temps pour poser une chaise avant que je ne me plante.

-  Hey, what’s going on ? Ça va ? me lança-t-il.

- J’ai connu mieux, affirmai-je sur un ton ironique à peine voilé.

- Je vais commander quelque chose à manger.

- Du sucré, s’il te plaît !

L’étourdissement derrière moi, je me demandais ce que je faisais-là. Tantôt, j’avais des sentiments pour Ethan. Tantôt, un vide immense les remplaçait.

-         Sofia, à quoi tu penses ? m’interrompit Ethan.

-         A rien.

J’entendis frapper à la porte. C’était le petit déjeuner.

-         J’ai commandé des croissants au chocolat. Je suis sûre qu’ils les achètent chez Tesco.

-         Vraiment ? J’adore leurs croissants. J’en mangeais pleins lorsque j’étudiais ici.

-         Tu as étudié à London alors ?

-         Yes, un an, my dear !

-         Embrasses-moi, me sortit-il soudainement.

-         Je ne peux pas, je ne pensais pas que … parvins-je à articuler.

Un malaise s’installa, le temps pour lui de penser à me proposer d’aller à Hyde Park.

Je me rappelle comme si c'était hier de cet après-midi, avec lui, dans le parc. A parler, à rire et à s’énerver l’un sur l’autre. On avait l’air sauvages, pas encore domestiqués par quelqu’un d’autre ou une routine. Avec Ethan, je n’étais pas nerveuse, je me sentais bien, en paix et mon état ne semblait pas l’embarrasser.

La nuit tombée, nous dînâmes dans un restaurant près de l’hôtel. Bon, un restau, un genre de « fastfood » amélioré. Des familles entières s’y regroupaient pour manger plus sain, semblait-il. Sûrement très  british le concept. Il y avait un pub en face. Je voyais les gens danser et j’eûs une envie folle de les rejoindre. Danser comme je le faisais autrefois, pour moi, pour m’évader, en ne faisant attention à rien, à personne. Que ça me manquait, la frénésie d’une soirée où rien n’est prévu, où l’on ne s’attend à rien, en étant présent sans être vraiment là, se laissant aller au gré des sons. Je proposai à Ethan d’y faire un saut et il accepta malgré l’expression sur son visage qui disait tout le contraire.

Sur la piste, malgré le bébé, je ne me débrouillais pas encore trop mal. Ethan était resté au bar. Il me regardait. Moi, je tentais de danser les yeux fermés. Je cherchais à oublier ma situation, à récupérer les sensations du passé, de mes 17-18 ans, à me souvenir de cette époque où tout semblait clair, quand j’avais encore le droit de me laisser vivre et de ne pas imaginer l’avenir. Je sentis une main attraper mon bras, celui que je tenais au dessus de ma tête, pour le poser sur son visage. Mais le visage de qui ? J’ouvris les yeux pour m’assurer qu’il s’agissait bien du corps d’ Ethan qui s'était serré contre le mien. Je l’embrassai là, spontanément. Avec force et douceur. J’avais honte de n’être pas cette femme sensuelle que sans doute il aurait désiré. Je ne me sentais pas à la hauteur, ridicule, déplacée et c’est parce que je ne supportais plus ces images, que je finis par le repousser et le tirer violemment vers la sortie.

- What’s the matter ? demanda-t-il perplexe.

- Je me sens mal à l’aise.

- Why ?

- Je ne sais pas comment t’expliquer. C’est moi. Je suis grosse, je suis laide et j’attends un bébé d’un autre, d’un salop, avec qui je ne veux plus rien avoir à faire.

- Tu es belle, Sofia et je me fous du reste.

- Mais je sais, toute cette situation est si …La façon dont on s’est rencontrés. C’est que la deuxième fois qu’on se voit. C’est n’importe quoi !

- Sofia, je vais te poser une question. Est-ce que tu te sens bien avec moi ?

- Oui, bien sûr.

- Moi aussi. Le reste, on s’en fout. Tu dois vivre un jour à la fois, Sofia.

 

Je me souviens que j’ai éclaté en sanglots devant Ethan. Mes larmes coulaient si vites, étaient si épaisses. J’avais l’impression qu’elles étaient fausses comme dans les films. Un problème de voltage, probablement. Pour me ressaisir, il me fallut trois quarts d’heure et une patience infinie de la part d’Ethan.

Une fois calmée, je serrai sa main dans la mienne, me leva et nous partîmes. Sur le pied de la porte de la chambre d’hôtel, je tournai la clef, le laissai passer devant moi et l’empêchant d’allumer la lumière, lui indiquai le lit. Ne sachant pas trop si prendre cet élan pour une invitation, il s’assit sur le bord et me mis à côté de lui avant de, commencer à le déshabiller avant de l’embrasser en pleine bouche, le pousser en arrière, dégrafer son pantalon et le violer, avec sa permission. Puis, ce fut son tour de s’exécuter. C’était bon. Il n’était ni  trop lent ni trop violent. Ensuite, avant de décider qu’il était temps de dormir, nous échangeâmes encore plusieurs baisers. Je trouvai le sommeil un peu plus facilement  que d’habitude et le matin suivant, je fus soulagée de constater que cette nuit avait réellement eu lieu.

 

Cette époque de ma vie où tout semblait perdu, fût déterminante pour moi. Heureusement qu’Ethan est arrivé tel un  prince dans un conte de fées, juste au bon moment pour nous sauver ma petite Ania et moi … Sauf que la vie n’est pas un conte et que, même si après cette soirée, il y en eût d’autres, nous savions, lui et moi, que nous n’étions pas fait l’un pour l’autre.

Après quatre ans et des poussières de vie commune, nous nous sommes séparés sans drame ni larmes. Depuis Ethan s’en est allée rejoindre son Ecosse de brumes et de légendes mais jamais, je n’oublierai que si la vie ne l’avait pas mis sur mon chemin, mon petit trésor et moi, ne serions probablement plus de ce monde.

 

Ce récit sirupeux est l'oeuvre de mon imagination tordue. Je l'ai écrit il y a genre deux ans pour un concours bidon. Cela dit, c'est moi qui l'ai écrit, je l'assume et je suis donc the auteur. Ne vous avisez donc pas de l'emprunter sans faire exprès si vous ne voulez pas avoir de gros problèmes avec les messieurs du tribunal.

 

Enfin, toute coïncidence avec la réalité ne serait qu'un pur hasard.

 

 

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05 mars 2011

Tina change d'appartement

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Tina stresse

Tina ne sait pas si elle a raison de changer d'appartement

Le nouveau est trop loin de son boulot

20 minutes de marche jusqu'au métro + 10 minutes après

En plus, les commentaires fusent de part et d'autres

Même le taximan a mis son grain de sel avec sa remarque

"Je ne comprends pas, c'est comme si vous partiez de Manhattan pour aller vous engouffrer dans le Bronx" qu'il lui a sorti...

Son MP3 lui chante " Is this the place we used to love, is this the place I've dreaming of"

Elle ne sait plus quoi penser

Sont-ce des signes ?

Est-ce un hasard que les éléments se soient alliés pour lui montrer qu'elle a pris la mauvaise décision ?

 

Aujourd'hui, elle s'y rend juste pour y laisser sa caution

C'est demain qu'elle s'installe

Demain qu'elle y dort pour la première fois

 

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05 janvier 2011

Le manteau rouge de María

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Le noir est bien mais Maria préfère le rouge.

Pourtant, le rouge ça va pas.

Le rouge, c'est léger. Le rouge, c'est frivole.

Et elle ne se sent ni l'un ni l'autre

Elle est désespérément malheureuse et ne sait pas quoi faire pour le montrer

Elle n'y arrive pas. La peur de se faire remarquer l'en empêche.

Et le rouge, franchement, c'est pas la solution idéale.

Elle donnerait une fausse image d'elle

Une image qui ne correspond pas à la réalité.

Et pour Maria, c'est important, il faut que tout concorde.

En plus, elle a besoin que l'autre la croit lorsqu'elle retournera lui raconter sa tragédie.

Le rouge n'aiderait pas. Maria en est convaincue.

A contrecoeur, elle se décide pour ce manteau noir.

qu'elle aime moins mais qui passe mieux.

qui fait qu'on ne la remarquera pas

et que son malheur ne soit réservé

qu'à ces "moments opportuns" où elle se livre à l'autre.

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12 octobre 2010

La vie commence à 40 ans (nouvelle)

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10 h 30 Pas de réveil, ce matin. Je n’en ai plus besoin puisque j’ai été virée. C’est le 4 avril. J’ai vérifié sur mon gsm en l’allumant. Il y a 3 appels en absence de mon nouveau prétendant et sept messages d’anciens collègues qui me témoignent leur profonde solidarité. Tu parles ! Je les ignore.

11 h 30 Appel de J, mon prétendant. Allé, je le prends. Pff, il me propose qu’on se voit un jour entre aujourd’hui et samedi. Non mais franchement, c’est quoi ces plans, ces manières de proposer un rendez-vous ? Je joue le jeu. J’ai rien de mieux à faire de toute façon.

Je coupe la poire en deux. Ça sera jeudi !

 

12 h 30 Le facteur vient de passer. Je descends prendre mon courrier. En nuisette. Au point où j’en suis, je pourrais difficilement tomber plus bas.

 

12 h 34 J’ouvre la lettre de mon ancienne boîte. Tiens, c’est mon préavis avec le motif de renvoi. Quelle surprise…Je lis : restructuration du personnel. Je suis dégoutée. Quand je pense à toutes ces heures sup non payées, ces congés pas pris et le vrai motif de licenciement, ça me rend malade. Virée parce que j’ai 39 ans et aucune charge familiale. Comment abattre une femme à terre ? Rien de plus facile. En lui retirant sa seule source de stabilité.

 

15 h 00 Rendez-vous avec V, ma meilleure amie. Evidemment, même elle, elle est plus jeune que moi. OK, 37 ou 39, c’est pratiquement pareil mais elle, on l’a pas viré et pire encore, elle s’est dégotée un mec qui ressemble à Gaël García Bernal, en plus long et musclé. Il a 29 ans. En fait, elle l’a rencontré lors de son dernier voyage au Costa-Rica. Je me demande comment elle fait pour toujours se taper les meilleurs morceaux. Sa naïveté sans doute, son idée exacerbée du romantisme, peut-être. Mouais, mais encore ?

 

20 H 49  Retour à la maison. Rien de prévu ce soir. Après quatre jours de beuveries sans nom, j’ai plus la force de bouger. C’est clair, je suis plus une gamine. Ce sera, donc, plateau-télé. Question télé, il y a la « Nouvelle Star » qui commence. Je vais pouvoir me foutre des commentaires « atmosphériques » de Manoukian et insulter Lio. Heureusement, que ces émissions débiles existent encore.

Demain, promis, je m’inscris au FOREM.

 

9 h 01 Inscription au FOREM. J’avais envie d’aller sur place au lieu de m’inscrire chez moi, sur le Net, histoire de les faire un peu chier dès le matin avec des commentaires du style : « Pour s’inscrire, c’est où ? » « Je comprends pas cette question », « Hé, mais je réponds pas à ça moi. Ça les regarde pas ! ». Cela dit, j’exagère pas trop. Surtout que je risque d’avoir besoin d’eux pendant un long moment.

 

11 h 00 Youpie, je suis de corvée « marraine de C ». C, c’est la gamine de ma sœur. Elle a cinq ans et c’est une vraie peste. Je l’adore. Je l’emmène danser aujourd’hui. Enfin, à son cours. Et puis goûter. Elle se prend vraiment pour une princesse celle-là…N’empêche que si elle était pas là, je crois qu’il y a belle lurette que je parlerais plus à sa cinglée de mère.

Oh mais non, il est trop tôt. Je viens de voir sur mon agenda que j’étais invitée chez ma sœur pour déjeuner et qu’après, seulement, j’emmenais la petite. Je me réjouis à l’avance, grrr.

 

13 h 00 Chez E, ma soeur. Voilà que madame recommence avec ses critiques : « Virée, mais ma petite, tu comptes arriver où comme ça ? Si t’avais repris la pharmacie de papa, tu n’en serais pas là. Mais comme mademoiselle ne veut toujours en faire qu’à sa tête et voyager, voilà ce qui arrive. Ils vont te donner à manger les lions du Kenya ou les photos du Bhoutan que t’as collées sur le frigo ? » Je sais pas ce qui me retient de lui crier « Ta gueuulee, je t’en pose des questions, je t’ai demandé quelque chose moi ? Non, alors ta gueule. Ah, si y’avait pas la petite …

 

15 h 00 Cours de danse. Ah mais qui vois-je au loin ? J, dans un endroit pareil ? Avec ma veine, à tous les coups, c’est un pédophile en repérage…Il tient la main d’une petite fille. Il me voit. Il me salue. Il s’approche. La petite-fille c’est sa fille, en fait. Il s’excuse, il n’osait pas aborder le sujet et moi, je ne sais plus quoi penser.

 

17h 14 C veut manger des crêpes. On va chez Clarabel, le salon de thé qui se trouve à côté de son école. Elle invite sa copine E. qui se trouve être, comme par hasard, la fille de J. Les coïncidences, je te jure … J est très attentionné avec sa fille. Ça a l’air naturel. Qui sait, peut-être qu’en fin de compte, ce n’est pas un aussi mauvais parti que je croyais.

 

19 h 35  Je dépose C chez ses parents. Heureusement, mon adorable sœur n’est pas là et c’est mon beau-frère qui nous ouvre. Apparemment aujourd’hui, ce n’est pas son jour. En effet, dès qu’il remarque la présence de J et sa fille, il me lance « Pincez-moi, je rêve. C’est ton mari et ta fille ? T’as fait vite, dis donc ! » Super, je vois qu’ils se sont tous donnés le mot. Mais qu’est-ce qu’ils ont à m’attaquer comme ça, nom d’une pipe ?

 

20 h 04  Au retour, c’est J qui paie les pots cassés mais étrangement, il ne se fâche pas et me demande si je suis toujours d’accord pour demain.

 

20 h 18  Coup de fil de mon copain F, le « heavymétalien ». Merde, j’avais complètement oublié son invitation pour aller voir Les Stones en concert. J’ai oublié de confirmer et lui, alors, a supposé que c’était d’accord. Bienvenue au 21ème siècle, le siècle où jamais il n’aura été plus facile de communiquer. En théorie.

De toute façon, je m’en fous, j’accroche pas trop avec ce groupe. L’aller jusqu’à Bruxelles, le concert puis le retour, ça nous aurait fait quoi ? 1-2 heures du mat… Pas possible, je veux être en forme pour demain. Curieusement, j’ai envie de voir J.

 

23 H 17  J’ai enfin terminé ma lecture. «Sex and the city», c’est nul en livre. Heureusement qu’il y a la série. Bon, je me couche, je suis crevée …

9 h 02  Le téléphone sonne. Je me demande bien qui ça peut être à cette heure-ci. Oh non, J. Il va annuler, c’est sûr.

 

9 h 18  Mon chat vient de vomir sur le canapé (oui, je sais, on nage en plein cliché). Je suis contente que J n’ait appelé que pour confirmer l’heure.

 

9 h 30  J’allume mon portable. Je jette un coup d’œil sur les annonces. Ce que je lis est consternant. C’est le grand retour du porte-à-porte. Commercial externe, ça me fait rire. Non, mais franchement, c’est quoi cette arnaque de société. Vous m’imaginez, moi, vendre des encyclopédies en tenue de pute. Oui, car autrement, je vois pas à qui je pourrais fourguer une de ces saletés de bouquin. Tout le monde sait que depuis Google, il y a plus personne qui les ouvre.

 

10 h 36  Les annonces, j’arrête. Ça me déprime. Regardons plutôt dans nos contacts FB. Ah tiens, F, je crois que je lui plaisais bien, cui-là …Peut-être qu’il a un poste pour moi ou 1 ou 2 bons tuyaux. Je l’appelle. Pourvu qu’il ne me drague pas ? Beurk… Qu’est-ce que je ferais d’un type avec une fourrure d’animal mort sur la tête ?

 

12 h 28  Heure des courses. Faut bien se nourrir de temps à autres. Oh, les éclairs au chocolat qui me font de l’œil. Non, il n’en est pas question, je résisterai ! Il faut que je réussisse à rentrer dans ma robe, moi. Mais si je n’en mange qu’un demi ? Mon gsm sonne : c’est mon adorable sœur. Elle veut que je garde la petite, ce soir. Désolée grognasse, j’ai autre chose de prévu. Désolée pour ma C mais qu’est-ce que ça fait du bien d’avoir une raison de refuser de faire quelque chose pour sa mère. Non mais qu’est-ce qu’elle croit, que je suis à sa disposition ou quoi ? Et bien, elle se trompe !

 

14 h 30 Rendez-vous chez le coiffeur. Non, je rigole, je vais quand même pas me ruiner pour une bête soirée. On est plus à l’époque de ma mère et puis, J m’a vu pas plus tard qu’hier, dans ma tenue du « mercredi, j’accompagne ma filleule à son cours de danse », c’est-à-dire en jeans et avec les cheveux légèrement gras.

 

15 h 07 Dans ma boîte Hotmail, il y a un mail de M.

Elle veut me voir pour parler boulot. Marrant ça, elle s’est faite virée il y a deux ans pour les mêmes raisons officieuses que moi. Me demande bien comme elle est au courant pour moi… Je l’appelle ou lui réponds par mail ? Je l’appelle, c’est mieux. Je tombe sur son répondeur. Je lui laisse un message pour qu’elle sache qui je suis. 

 

16 h 26 C’est elle, M. Elle a ouvert une boîte qui marche bien selon ses dires et a besoin d’une assistante. Me demande bien ce que ça peut-être. Elle me propose un entretien. Why not, faut dire que j’ai pas vraiment d’autre proposition pour l’instant.

 

16 h 58 V m’appelle. C’est fini avec son « latin-lover ». Trop jeune, immature. Sans blague, ma belle, il serait pas tant de grandir et de devenir la femme de 37 balais que tu es ?

 

17 h 31  L’heure de me préparer. Il me reste plus beaucoup de temps. Tout va bien, mon chat n’a pas encore vomi sur ma robe. Tiens, je devrais penser à l’emmener chez le véto …Je me demande comment ça va se passer. Enfin, du moment, qu’il ne soit pas comme Dexter, hein ! C’est pas parce que j’ai 39 ans et que je n’ai ni mari ni enfants ni plus de boulot que je dois obligatoirement mourir et être jetée en petits morceaux dans la Meuse. Non, mais…

 

18 h 59  On sonne à la porte. Merde, j’ai pas encore choisi la paire de godasses que j’allais mettre. Tant pis, il me verra en pantoufles.

 

19 h 13 Les fleurs dans le vase, on part… Je suis pas du tout partisante de ce genre de conneries  que sont supposés faire les mecs mais bon, ça se fait et je respecte. Il m’emmène dans le nouveau restau qu’ils ont ouvert Chaussée de Bruxelles.

 

20 h 33 Je file à la toilette. Je me regarde dans le miroir. J’ai la mine d’une « constipée ». La soirée se passe bien à un détail près. J n’est pas drôle. Il est charmant, cultivé, intelligent, poli mais n’a pas d’humour. Et moi, j’ai tant besoin de m’éclater. Pourrais-je passer au dessus de ce handicap ?

 

23 h 20  J et moi, nous promenons sur le bord de la Meuse. Je vous l’accorde, c’est pas la Seine mais ça me convient. La nuit est douce. Je me sens bien.

 

23 h 34 Ombre au tableau. J’aperçois mon ex, O, avec sa poufiasse. Cette conne qui l’a arraché à moi et qu’en plus, a refusé qu’on continue à se voir comme amis. Ok, l’amitié entre un homme et une femme, c’est limite, surtout après avoir vécu cinq ans ensemble en plein « Je t’aime, moi non plus ». Qu’est-ce qu’on pouvait se marrer quand même, ce naze et moi. Ça me manque parfois. Salop ! Me tromper avec cette pouf. J s’arrête. Il voit bien que quelque chose ne va pas. Me demande pourquoi je suis aussi pensive mais je parviens à le convaincre (à moitié) que c’est à cause du boulot.

 

00 H 03  On arrive à la maison. J se conduit comme un « gentleman ». Un peu trop à mon goût, même. Il me dit qu’il a passé une bonne soirée, m’embrasse et s’en va. Je lui aurais bien proposé de monter mais il doit se lever tôt pour aller récupérer sa fille chez sa mère. Tant pis pour lui, il ne sait pas ce qu’il rate.

10 h 07 Le téléphone. Je suis couchée depuis minuit et ce n’est que maintenant que je me réveille. Grâce/à cause (biffer la mention inutile) du téléphone, en plus…C’est dans ces moments-là où mon « grand âge » me pèse…

Oh non, mon rendez-vous avec M. C’était maintenant. Vite, une excuse. Vite, vite.   « Euh…ma sœur a eu un accident et j’ai passé une partie de la nuit à l’hosto. Du coup, je me suis couchée très tard et je n’ai pas attendu le réveil ». Parfait, ça marche. On refixe un rendez-vous pour cet aprèm, 15 heures.

 

10 h 35 J’appelle V pour savoir comment elle va. Je lui propose de passer chez elle. Le point positif du chômage c’est qu’on peut gérer son temps comme on veut. Enfin, j’espère que ça ne durera pas trop longtemps.

 

12 h 02  V m’ouvre la porte. En pyjama. Apparemment, son Carlos Raúl, a fait plus de dégâts que prévu.

 

12 h 26 On déjeune au café juste en face de chez elle. Elle m’avoue avoir découvert que le Costaricain avait des bagages : une femme, deux enfants et un chien. Elle a honte de s’être faite avoir, comme ça, à son âge. Elle qui le croyait « libre como el aire ». Apparemment, il s’agit d’une phrase qu’il n’avait de cesse de lui répéter (rien que ça, j’aurais trouvé suspect). Enfin, il lui disait ça et : eres la murer de mi vida y ya no podría vivir sin tú ». Bref, tu es la femme de ma vie et je ne pourrais plus vivre sans toi. Ah V, elle changera jamais. Toujours aussi naïve. A cause de ça, j’ose pas lui parler de mon histoire avec J.

 

15 h 02 Rendez-vous avec M, dans son bureau. Devinez le genre de boîte qu’elle a créée ? Une de celles qu’on voit pousser comme des champignons. Une agence de titre-services ? Bravo, c’est ça. Pas très original, hein ? C’est donc ça, sa boîte hyper prometteuse et ce qu’elle a besoin, c’est de quelqu’un qui puisse l’aider à sélectionner les aides-ménagères qui vont aller nettoyer les chiottes des bourges.

Pour me convaincre, elle me dit que ce job est beaucoup moins payé que l’autre que j’avais mais que par les temps qui courent, trouver du boulot, c’est presque aussi facile que de trouver une enveloppe remplie de billets de 500 € parterre. Elle insiste et ajoute qu’on deviendra sûrement de grandes copines avant de me conseiller de réagir au plus vite car le chômage, à long terme, c’est pas la panacée. Mouais, ça sent quand même le coup fourré son histoire mais c’est vrai qu’avec le crédit de l’appart, j’ai pas vraiment le choix et j’accepte.

Attention, pour un essai seulement.

Finalement, l’entretien se passe bien et on rigole même en fantasmant sur les plans machiavéliques pour chasser les bonnes potentielles d’environ notre âge, mariée et avec des gosses. Ce serait, en quelque sorte, notre revanche sur les normes.

 

18 h 12 J’appelle J. En sortant du bureau de ma nouvelle patronne, je sais pas pourquoi, j’ai envie de l’appeler pour lui annoncer la nouvelle. Il me dit qu’il est impressionné et j’ai envie de le croire. On prévoit de se voir vers 19 h 30 pour fêter ça….

 

Qui a dit qu’on ne pouvait pas être femme, pré-quarantenaire, sans enfants et heureuse ?

Et si on mettait les stéréotypes au placard et qu’on évoluait un petit peu ? Les choses ne sont plus comme avant tout de même !!!

Posté par lialia à 16:17 - [Toute une histoire] - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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