23 février 2012
Le paradoxe de la jeune mère
Depuis que je suis mère, je culpabilise pour tout. La maternité ne m'aide vraiment pas en ce sens et le message est bien passé. Oui car même si en théorie, les mentalités ont évolué, dès les premiers mois de grossesse, que ce soit à la clinique ou dans notre entourage, on nous fait bien comprendre que c'est le devoir de la maman de s'occuper de son petit. Sous prétexte qu'on le porte, on devrait tout savoir, tout connaître, être disponible à 100%, 24 heures sur 24 et pour couronner le tout, afficher une mine épanouie.
Sauf que moi, je suis une femme moderne et que, par conséquent, je vis une vraie bataille avec moi-même. D'un côté, il y a la jeune mère qui culpabilise dès qu'elle détache les yeux de sa progéniture et de l'autre, celle qui ne comprend pas pourquoi c'est à elle de tout savoir sur les soins (on ne peut pas encore parler d'éducation à ce stade) à donner au petit.
La mère quand elle fait une bêtise, elle est vite jugée. Par contre, pour le père, c'est tout à fait différent. Il a le droit de ne pas savoir, de ne pas avoir envie de s'occuper de bébé. On doit être indulgent avec monsieur et c'est juste s'il ne peut pas choisir les tâches qui lui incombent.
Je ne veux pas dire par là que c'est de leur faute et que la paternité, c'est facile. Non, quand ils veulent vraiment s'investir, c'est dur pour eux aussi, à plusieurs niveaux mais disons que eux, au moins, ils ont le choix ! D'ailleurs, souvent, il nous arrive de nous entendre dire: "Il m'aide bien avec bébé"...Y'a pas quelque chose qui cloche, là ???? Ben, moi je trouve que oui, c'est le mot "aider". Participer, ok, mais aider ? C'est comme si les femmes étaient les seules responsables de l'enfant et que, par conséquent, elles pouvaient s'estimer heureuses que l'homme veuille bien leur accorder l'immense faveur de les "aider" avec mini-eux. Pourtant, le bébé, on le fait pas toute seule que je sache !
Je vois des sourcils qui se froncent dans l'assistance... Enfin, messieurs, j'ai bien dit que ce n'était pas de votre faute alors arrêtez de vous sentir visés,...Grrr... Le ic, c'est que c'est pas de la nôtre non plus si, en théorie, les choses ont évoluées et si les rôles ne sont plus aussi bien définis. C'est juste qu'il y a un gros clash entre la théorie et la pratique et que moi, en tant que mère du 21ème siècle éduquée dans cette contradiction, je ressens un vrai malaise et que je me demande si d'autres comme moi, ont ressenti, en devenant mère, que, finalement, les enfants ça reste encore et toujours rien qu'une affaire de femmes...C'est tout.


