30 janvier 2012
Le rôle ingrat
HOMMES, CET ARTICLE RISQUE DE FROISSER VOS AMES SENSIBLES, ALORS NE LE LISEZ PAS!(ou plutôt, si, lisez-le !)
Il y a des millénaires, à une époque où les hommes et les femmes étaient encore tous poilus (avant donc, l'arrivée de l'epilady et des métrosexuels) et vivaient principalement de la chasse, le rôle de l'un et de l'autre, étaient clairement définis. Les hommes bossaient, les femmes restaient à la maison pour s'occuper de la popote et de la marmaille. Point.
Le temps passant, les choses n'évoluèrent pas énormément jusqu'à ce qu'en mai 1968, des femmes s'insurgent, brûlent leurs soutifs et déclarent vouloir elles aussi bosser et faire autre chose que le ménage et changer des couches. Je sais, il y a eu des précursseuses (???) mais bon, c'est pas vraiment le sujet de mon article, donc. Bref, une révolution eut alors lieu, les femmes commencèrent à bosser, à gagner des sous et à devenir, de surcroit, de plus en plus indépendantes.
Dans la mesure où les femmes travaillaient, elles étaient moins chez elles et du coup, moins disponibles pour assumer toutes les tâches rédhibitoires et peu ragoutantes dont elles se chargeaient exclusivement jusque-là. Par conséquent, l a fallu trouver une autre organisation avec monsieur pour pouvoir tout mener de front, à savoir, mais vous savez déjà, carrière, famille, loisirs.
Cela ne s'est pas fait du jour au lendemain et chez certains, ça ne s'est pas du tout fait mais dans l'ensemble, il y a tout de même eu une évolution et aujourd'hui, les mecs s'impliquent davantage...Pas par gaieté de coeur, encore que pour la partie "s'occuper des enfants", ça dépend mais parce qu'ils y sont bien obligés. Leur rôle ne se limite plus à apporter le pain quotidien, non, aujourd'hui, on leur demande de plus en plus, de nous aider à la maison, d'être de bons maris ou compagnons, sensibles mais pas trop, virils mais pas trop, gentils mais pas trop, bons amants mais pas trop (enfin, trop bon amant, on va pas dire non), bons bricoleurs, bons cuisiniers, bons pères, etc...Conséquence: ces petits chéris ne savent plus où ils en sont (c'est ce que révèlent de nombreuses études, c'est pas moi qui l'ai inventé, hein!!!!) et commencent à crier au secours.
En d'autres termes, ils ont besoin d'aide...Ok, mais qu'est- ce qu'on y peut nous? Qu'est-ce qu'on peut faire pour qu'ils se sentent mieux? J'ai réfléchi à la question et plusieurs possibilités se sont offertes à moi.
En voici quelques-unes:
-Leur en demander moins: heu, non, pas d'accord, à nous aussi, les femmes, je veux dire, on nous demande d'exceller dans tous les domaines.
-Etre plus indulgent avec eux: peut-être, à condition, qu'ils le soient également avec nous, les femmes.
-Leur fournir un mode d'emploi de la vie dans les années 2000. Comme si ça existait, peut-être...
-Leur offrir une thérapie ou leur payer un coach...Hum, c'est pas pour toutes les bourses, cette solution.
-Leur laisser du temps pour s'accoutumer...
-Les faire parler (déjà qu'ils ont plus de mal que nous), vider leur sac et voir ensemble (femmes et hommes, j'entends) comment trouver le bon équilibre.
-Rien
Vous avez une solution, vous? Une proposition? Je vous laisse y réfléchir...En attendant, je vous souhaite une bonne journée!
23 janvier 2012
Ce lien
Lorsque la nouvelle de ma grossesse est tombée, je me suis posée beaucoup de questions, eu beaucoup de doutes. Je ne savais pas, allez savoir pourquoi, si j'allais être capable de ressentir de l'amour pour le petit garçon ou la petite fille qui était dans mon ventre.
Enceinte, je l'avoue, je n'aimais pas mon enfant. Enfin, non, ce n'est pas que je ne l'aimais pas, j'avais bien l'instinct de protection de la plupart des futures mères, celui qu'on appelle "instinct de louve", (vous voyez ce que je veux dire? ) et qui fait qu'on protège son ventre contre vents et marées, mais je ne peux pas dire que je débordais d'amour. Mon bébé, ben, je ne le connaissais pas et aimer dans l'abstrait, honnêtement, ça n'a jamais été mon fort.
Quand Wembley est né et qu'on l'a posé sur moi, c'est vrai, je l'ai reconnu et le lien qui nous unissait à travers le cordon ombilical a fait place à un autre lien, invisible cette fois, mais tout aussi réel. Même si je ne réalisais pas encore (et que je ne réalise toujours pas complétement) que j'étais mère, il y a quelque chose d'indescriptible qui s'est produit et le naturel s'est installé. Pour moi, lui donner à manger, le changer,lui faire prendre son bain n'étaient pas des devoirs mais ma mission. C'était magique. Quelque chose que les gens ne peuvent plus concevoir dans le monde cynique et dramatique dans lequel nous vivons. Et pourtant, malgré tout ce que je viens de dire, je ne peux pas dire qu'à ce stade, il s'agissait encore d'amour, d'un attachement, certes, qui croissait de jour en jour mais pas de cet amour inconditionnel qui était censé me percuter dès que Wembley aurait débarquer sur Terre. Façon de parler...
Ce sentiment, il m'a seulement frappé il y a 4-5 jours, en fait. Le lien s'est transformé ou bien, c'est simplement que j'ai réalisé que je l'aimais, mon bébé et que cet amour allait grandir, grandir et grandir jusqu'à devenir infini...Comment je le sais? Parce que je ne peux plus envisager un instant ma vie sans lui, parce que je le trouve tous les jours un peu plus irrésistible, parce que je suis devenue super gaga devant lui alors qu'avant, je trouvais que les gosses de cet âge-là, c'était plutôt chiant et frustrant, parce que dès qu'il pleure un peu, j'accours pour voir ce qu'il a, parce que j'adore m'occuper de lui et que chaque jour qui passe, je suis un peu plus heureuse de l'avoir.
Conclusion: j'ai changé de camp, je suis devenue maman et puis voilà...
17 janvier 2012
Un service si inhospitalier
Je vais vous raconter une histoire en vrac, sans ordre, n'importe comment, en oubliant des détails. Cette histoire c'est le récit de mon séjour pourri en maternité.
24 décembre 2011, je "reçois" mon plus beau cadeau de noël: mon bébé.
L'équipe qui m'accouche est vraiment pro, je suis très contente et optimiste pour la maternité. J'ai tort car mon séjour est dans la lignée de mon suivi, à savoir, un chaos incomensurable.
Le 24 décembre alors que je suis encore, en partie, sous l'effet de la péridurale et que je suis crevée, l'infirmière de nuit me dit que je ne peux pas dormir, que je dois nourrir mon bébé, supposant que je vais l'allaiter. Je lui dis que je lui donne le biberon et elle quitte ma chambre sans vraiment m'écouter. Epuisée, je m'endors. Heureusement, lorsque je me réveille 4h plus tard, je m'aperçois que quelqu'un s'est occupé de Wembley car le drap de son petit lit a été remonté (un peu trop à mon goût).
La nuit suivante, malheureusement, c'est la même infirmière qui est de service. Je ne me sens pas très bien, ai eu le vertige, la migraine, toute la journée et cette femme n'hésite pas à vouloir me faire nettoyer par terre lorsque malgré mes bonnes intentions, je suis victime d'une fuite (urinaire pour ceux qui n'auraient pas compris). A peine consciente, je m'exécute. Ensuite, quelques heures plus tard, elle m'engueule lorsqu'elle me demande si j'ai nourri le petit et que je lui dis que je ne me souviens pas. Je précise que Wembley ne s'était pas réveillé pour réclamer à manger.
L'infirmière de jour de lundi et mardi est une FS, autrement dit, une fausse sympa. Elle se prend pour une grande experte alors que ça ne fait qu'un an qu'elle travaille dans cet hôpital (c'est elle qui l'a dit) et qu'elle a commencé ses études il y a seulement 4 ans (pareil), et lorsque je reviens de ma douche, elle ne se gêne pas pour me lancer: "votre bébé a une coulée de lait sur son visage". Tu serais pas payée pour m'aider à m'occuper de mon petit, toi, par hasard ?" Quand je pense qu'il est écrit SAGE FEMME sur son badge. Et c'est cette même "professionnelle" qui laisse mes draps ensanglantés sur mon lit pendant deux jours et qui ne change que le drap du dessous pour, je cite:"que je ne dorme pas sur du sale". Et le drap du dessus, on s'enfout? Tu veux dire que je peux dormir sous mais pas sur du sale ? Pour ne pas parler de ceux de Wembley, qui, eux, ne seront pas changés pendant trois jours, m'obligeant à lui mettre une serviette pour qu'il ne dorme pas sur du mouillé. Vraiment n'importe quoi !
Franchement, à part la sage-femme du dernier jour et l'infirmière qui m'a mis la perf du fer, le reste du personnel était limite, voire carrément exécrable. Que ce soient les infirmiers, les bonnes femmes qui apportaient les plateaux (avec des portions dignes des charters à cette époque où les plateaux repas étaient encore compris dans le billet d'avion ou des cantines de l'ex-Union Soviétique), ou les femmes de ménage qui faisaient semblant de nettoyer, ne disaient ni bonjour ni au revoir et m'ignoraient complètement, c'est comme si tout le monde s'était mis d'accord pour en faire le moins possible et être désagréable au plus haut point. C'est comme si tous suivaient un protocole à la lettre et que les initiatives ou un écartement de ce protocole auraient été punis par la loi.
Je ne sais pas comment ça se passe ailleurs, c'était mon premier accouchement. Je ne sais pas si c'est dû à un budget serré, à une pénurie de "main d'oeuvre" ou à autre chose, mais la vérité c'est qu'au CHU Saint-Pierre, j'ai vraiment senti que mon petit et moi, on était négligés.
Je ne sais pas si j'aurais un autre bébé un jour. J'aimerais et si, ça arrive, une chose est sûre, je changerai d'hosto car une expérience comme celle-là, si je peux éviter de la répéter, je le fais !
13 janvier 2012
La maternité, ça tombe pas du ciel !!!
Avant de devenir maman, j'étais le genre de filles qui ne voulait pas prendre de tout petit bébé dans ses bras. Je ne donnais pas non plus le biberon ni ne changeais de couches. J'avais peur de casser ces petites créatures fragiles qui dépendent entièrement du bon vouloir et savoir des autres.
Puis, quand j'ai eu Wembley, j'ai directement insisté pour lui donner son premier biberon alors que j'étais complètement dans les vapes et le changer a été très naturel. Je me suis souvenue de ce que mon père m'avait montré quand j'avais trois ans et que mon frère est né.
En revanche, lorsque Wembley a eu ses premières coliques, j'ai voulu m'enfuir car je ne comprenais pas ce qu'il lui arrivait. Je voyais mon tout petit se tordre de douleur et lancer des petits cris mais j'étais incapable de dire ce qu'il avait. Je l'ai mis dans mon lit et, bien que contre le principe, l'ai fait dormir avec moi. Lorsque la nuit est passée et ses coliques avec, un sentiment de fierté m'a envahi: j'avais réussi à surmonter la première "crise".
Lorsque bébé et moi sommes rentrés à la maison, j'étais en plein baby-blues et la peur de casser un nourrisson, en l'occurence, le mien, s'était à nouveau frayé un chemin.
J'ai fait pleins de conneries, genre blesser Wembley en essayant de lui couper les ongles, lui donner un biberon un peu trop chaud ou encore, le faire dormir dans son "grand" lit ou lui mettre de l'eau de cologne sur le visage...
Bref, beaucoup me traiteront de débile, d'autres de mère indigne mais je m'enfous...car moi, j'ai compris que
MERE, ON NE NAIT PAS, MERE, ON DEVIENT
et que des conneries, j'étais condamnée à en faire dans la mesure où, je n'avais pas d'expérience dans le métier de maman.
Désolée de briser un mythe mais non, l'instinct maternel n'existe pas (celui qui a inventé cette expression devait être un de ces nombreux hommes qui pensent que la place des femmes est à la maison à s'occuper des enfants et de la popote) et heureusement que j'ai, moi-même, une mère bien présente, heureusement qu'il y a des sages-femmes et des organismes pour m'aider et m'expliquer comment fonctionnent ces petits êtres sans défense, sinon je serai (encore plus ) perdue et je culpabiliserai encore plus.
Enfin, je vous rassure, mon bébé a aujourd'hui 19 jours et il se porte bien.
09 janvier 2012
La grossesse, cette expérience si particulière
Avril 2011
J'ai un léger pressentiment. Je fais une prise de sang et m'étonne qu'elle ne révèle pas que je suis enceinte.
J'oublie. De toute façon, je viens d'apprendre que ma mère est malade, j'ai d'autres chats à fouetter. C'est pas le moment d’avoir un enfant.
Mai 2011
Je passe un vendredi entier placé sous le signe du vertige. Le samedi après-midi sur celui de la nausée mais je ne fais pas vraiment le lien. La semaine suivante, mon amoureux est en congé. Je passe beaucoup de temps chez lui et un jour sur deux malade: "problèmes digestifs". Je commence à avoir des doutes et les partage avec lui. J'achète un test le samedi 7 et attend jusqu'au lendemain, 8h du matin pour le faire. Je crois pas trop au résultat. Le test est devenu rose avant même que j'ai le temps de pisser trois gouttes. J'appelle quand même mon amoureux, le réveille. Je crois qu'il ne prend pas vraiment conscience de la chose.
Je prends rendez-vous chez la gynéco pour vérifier et une semaine plus tard, c'est à dire le 16 mai, j'ai la confirmation: je suis enceinte de 6 semaines. Ma gynéco, très sympa, me demande plusieurs fois si je vais le garder et si mon amoureux me soutient. Je suis choquée par ses questions. Que sait-elle de ma vie, après tout, pour oser m'interroger comme ça? Que je prends des AD pour une dépression et de l’anxiété que j'ai développée il y a quelques années et dont je suis, en partie, guérie. Je comprends vite qu'elle n'a aucun tact car lorsque je lui dis que, pour le moment, les symptômes, ça va, elle me répond: "Vous verrez, à 8-9 semaines, ça n'ira plus car le taux d'hormones sera à son maximum". C'est ce jour-là, comme par hasard, que je commence vraiment à être malade et lorsque je vais à Londres, qui tombe comme par hasard pendant la semaine 8, je n'arrive pas à en profiter. Clair que Londres, c'est pas l'endroit idéal pour l'estomac d'une jeune femme en début de grossesse. Les odeurs, la male-bouffe m'ont écœurée. Je reviens et passe cinq jours malade comme un chien avec fièvre, vomissements, rhume et super fatigue au programme.
Juin 2011
Pas grand chose à signaler. Je passe le mois au fond de la cuvette des toilettes et à souffrir de chutes de tension. Je suis épuisée, au point que je crois être mourante, plutôt qu’enceinte. Je me rends chez ma gastroentérologue car je ne vis plus, mon estomac me fait affreusement souffrir. Je ne vois la rue de temps en temps que parce que je m’y oblige.
Je suis contrainte d'annuler plusieurs sorties avec des amis que je n'ai pas vu depuis longtemps, des rendez-vous importants et ça me frustre au plus haut point.
Je revois la gynéco, la même, qui s'étonne de voir à quel point mon bébé a l'air de bien se développer. Moi qui suis de celles qu'il faut constamment rassurer, je suis effrayée et m'imagine pleins de trucs.
Juillet 2011
C'est le début des achats-mobilier pour le nouvel appart et mon estomac est toujours à l'envers. Je fais les magasins comme je le peux et je vis enfin mes premiers jours de répit niveau estomac.
C'est aussi le mois de la première écho. Mon amoureux et moi allons faire connaissance avec notre bébé. Malheureusement, ça ne se passe pas comme prévu. L'échographe est un type hyper désagréable qui fait ça en 5 secondes et me tient complètement en marge. Je ne vois rien. Heureusement, mon copain, oui et je vois à sa tête qu'il est content. Je crois que c'est à ce moment précis qu'il se rend vraiment compte que je suis enceinte. L'échographe prend les mesures dans son coin sans rien nous expliquer et nous dit que ce sera probablement une fille. Lorsqu'il a terminé et que je lui demande des clichés, il me répond que c'est trop tard. Je suis dégoutée.
Je retourne pour la dernière fois chez la gynéco. Elle met encore les pieds dans le plat lorsque je lui parle de mes insomnies de plus en plus contraignantes. J'arrête, je vais chercher quelqu'un d'autre, ailleurs.
Août 2011
Les travaux commencent dans l'appart. Les achats mobiliers et matériels continuent et moi, j'ai toujours la nausée. Les insomnies sont de plus en plus prononcées et je suis contrainte d'appeler mon médecin du sommeil, qui me prescrit des plantes et un médicament que j'avais réussi à laisser tomber. Je culpabilise mais pense qu'une femme enceinte qui ne dort pas n'apporte rien de bon à son bébé.
J'ai un nouveau gynécologue. J'ai décidé d'aller consulter à l'hôpital qui se trouve à deux pas de celui où ma maman se fait traiter. C'est beaucoup plus pratique pour s'accompagner l'une l'autre, d'autant plus que nos rendez-vous tombent souvent le même jour.
Que dire sur la gynécologue? Elle est pro, sait de quoi elle parle, ne commet pas de gaffes. Disons que je ne pense pas qu'on deviendra copines mais qu'au moins cette consultation s'est bien passée. Bizarrement, lorsque je vais reprendre rendez-vous, la secrétaire me met chez une sage-femme (J’apprendrai plus tard que la gynécologue chez qui on m’avait mise, a démissionné). Je ne comprends pas mais accepte volontiers. J'ai entendu tellement de bien sur ces dames.
Septembre 2011
Avec mon amoureux, on emménage le 10. Ma mère rentre à l'hôpital le 11 et se fait opérer le 12. Mes nausées continuent, surtout le matin. Mes insomnies aussi et je chope tout ce qui traine.
Mon rendez-vous avec la sage-femme me déçoit. On dirait qu'elle ne sait pas quoi faire, quoi dire. Elle est lente, gauche, m'inquiète. Je veux changer et je demande un rendez-vous avec une autre personne, un gynéco de préférence mais, à l’hosto, la secrétaire refuse. Elle me dit qu'on ne peut pas changer comme ça, que c'est trop tard et pleins d'autres conneries. Je décide de mordre sur ma chique car ma deuxième écho se passe bien. La personne chargée de me la faire est très douce. Je vois qu'elle connait son boulot et quand elle me dit que tout va bien, je la crois. Cette fois, c'est confirmé, mon bébé est un garçon.
Octobre 2011
Les travaux continuent dans l'appart, la cicatrice de ma mère est infectée, j'ai des démangeaisons qui m'empêchent de vivre. Je me sens mal quasi en permanence mais essaye de profiter de la vie un tant soit peu. Avec l'amoureux, on va quelques fois au restau, au cinéma...
Mes rendez-vous avec la sage-femme m’exaspèrent. Elle me pose à chaque fois les mêmes questions, se répète. C'est dur, dur mais je supporte.
Heureusement que depuis le début de la grossesse, j'ai un moral excellent.
Novembre 2011
Mon moral n’est plus aussi bon. J’en ai marre d’être tout le temps malade. Le pire c’est que j’ai recommencé à vomir. J’ai peur de l’accouchement et pour me désensibiliser, je m’informe en lisant des témoignages de femmes qui sont déjà passées par là.
La sage-femme décide de m’envoyer chez le gynéco pour voir s’il ne peut pas me donner quelque chose contre mes foutues insomnies.
La 3ème écho est parfaite ! Wembley a déjà la tête en bas.
Les travaux dans l’appart se terminent enfin (en théorie). L’amoureux et moi, on peut enfin se concentrer sur les achats pour Wembley.
Je vais chez le kiné. Il m’explique les exercices pour le périnée.
La cicatrice de ma mère est soignée. On sait enfin quand elle commencera ses rayons : le 12 décembre. Maintenant, c’est sûr, elle ne terminera ses séances qu’après mon accouchement.
Décembre 2011
J’ai de plus en plus d’angoisses. Je ne sais plus si c’est une bonne idée d’avoir un enfant. Je crains de ne pas être à la hauteur. Je ne peux pas imaginer l’amour sans limite et profond que tout le monde dit que je ressentirais pour le petit.
Le gynéco me donne un nouveau traitement pour l’estomac et ajoute que je devrais prendre mon mal en patience pour les insomnies car ce qu’il peut me donner ne serait pas bon pour Wembley. J’accepte mon sort et continue à mordre sur ma chique. Je mange de moins en moins et vomis toujours.
On continue les achats pour la venue au monde du bébé.
Je retourne chez le kiné. Il me rassure beaucoup en ce qui concerne l’accouchement.
Les séances de radiothérapie de ma mère commencent. Je tiens à l’accompagner à la première même si moi, je ne vais pas bien du tout.
J’arrive à la 37ème semaine de grossesse. J’étouffe. Je me sens mal. J’arrive quasi plus à me déplacer. J’ai le ventre qui me fait super mal. Ça serre. Je perds le bouchon muqueux. Je me demande s’il ne vaudrait pas mieux aller à l’hôpital. J’appelle ma mère, qui vient à ma rescousse. Elle s’occupe de moi, me fait à manger et on attend un peu pour voir si ça passe et ça passe. Plus tard, je comprends que j’ai fait un trop grand effort en faisant le lit. Le lendemain, quand je vais chez la sage-femme, elle me dit que le bébé est déjà très bas. Je n’en peux plus. Je me sens diminuée, limite handicapée. J’en ai marre. Il faut que ça se termine.
La veille du réveillon, je décide d’aller faire les courses de noël malgré la douleur. Je suis très déprimée et ça me fait du bien.
Le 24, je me réveille trempée. J’hésite entre la fuite et la perte des eaux. J’ai de légères contractions, pas du tout régulières. Curieusement, je suis zen et ne me sens pas spécialement mal, juste crevée. Je doute, je doute mais décide quand même d’aller vérifier tout ça à la clinique. On m’examine, c’est effectivement les eaux que je perds. C’est le jour j. Je n’y crois pas.
Si vous m’avez lue jusqu’au bout, vous avez du vous rendre compte que, même si ça valait la peine, ma grossesse a été un cauchemar, autant du point de vue physique que du suivi médical. Heureusement, psychologiquement, j’ai réussi à déployer des forces que je n’étais pas consciente d’avoir et qui m’ont permises de tenir le choc.
Je suis de celles qui sont tombées sur leur cul parce qu’elle s’attendait à ce que cette période se passe merveilleusement bien. Je croyais aux clichés du type de ceux qu’on voit à la télé. Jamais, je n’aurais imaginé être à ce point malade. Je pensais que les nausées, ça ne durait que quelques jours et qu’après, j’allais être hyper épanouie. Tu parles ! J’avais un peu peur de me trouver laide avec un gros ventre mais c’est tout.
Franchement, je trouve qu’on sous-estime très fort les problèmes physiques et psychiques liés à cette période. Je ne comprends pas pourquoi, on doit tout dépeindre en rose alors que dans certains cas, c’est plutôt « bleufoncépresquenoir ». Tout change, tout est différent. C’est un grand bouleversement. Perso, je ne me reconnaissais pas et je ne pense pas être la seule. Avoir un enfant, c’est magnifique, dans la plupart des cas, mais le processus qui y conduit n’est pas toujours des plus évidents. Par conséquent, arrêtons de faire de la "publicité mensongère". N'ayons pas peur de dire: la grossesse, c'est dur. Quand on n' a pas mal à un endroit, c'est à un autre. La grossesse, ça pue et heureusement, qu'on reçoit un beau cadeau à la fin. Moi, malgré mes peurs et mes doutes en tous genres, c'est la seule chose qui m'a aidé à tenir...
05 janvier 2012
Comment Wembley* est devenu Nicolas ?
Trouver un prénom pour le bébé, ça a été plutôt galère.
Son papa et moi, on avait toujours plus imaginé avoir une fille et du coup, inconsciemment, des prénoms pour l'heureuse élue, on en avait déjà trouvé pas mal. En revanche, lorsqu'il s'est avéré que notre enfant serait un garçon, il a fallu se creuser les méninges. On ne tombait jamais d'accord. Les prénoms qui lui plaisaient, je ne les aimais pas et vice-versa.
Pour arriver à un compromis, il a fallu trouver une méthode équitable où personne ne serait lésé. C'est ainsi que nous avons décidé d'établir, chacun, une liste de 10 prénoms, classés par ordre de préférence. Nous avons pris notre temps, faisant entrer des noms dans notre hit parade particulier, les évaluant, les ressortant, les remplaçant. Quand je suis arrivée au 7ème mois de grossesse, nous avons comparé nos listes et grâce au ciel (c'était pas gagné d'avance), nous avions deux prénoms en commun: Tristan et Nicolas.
Dans la mesure où il restait encore deux mois pour départager les deux prénoms, papa et moi, on a réfléchi. Nous aimions tous les deux Tristan mais le ic, c'est que dans Tristan, il y a triste, révolte. On trouvait que c'était dur à porter et nous, ce qu'on voulait, c'était que notre petit démarre sur de bonnes bases. Nicolas, par contre, d'après nous, ça faisait type "cool", ça nous faisait aussi penser à Nicolas Cage, Le petit Nicolas, Saint Nicolas, des références plus sympas que Tristan et Iseult (même si j'ai adoré le bouquin quand j'étais ado) et puis, ça veut dire "victoire du peuple".
Cela dit, j'avoue que je n'étais pas tout à fait convaincue. Mon compagnon plus mais en ce qui me concerne, j'avais quand même certaines réserves et c'est pourquoi, nous avons décidé d'attendre la naissance pour fixer une fois pour toutes son prénom.
Finalement, lorsque le pédiatre m'a mis mon bébé dans les bras et que je l'ai appelé: "Nicolas, Nicolas...", il a cligné des yeux. C'était comme s'il reconnaissait son prénom et mes doutes se sont envolés. Ce serait Nicolas, et puis voilà...
*Pour info, Wembley était le surnom du petit "in utero"







